Amélioration de la performance sportive : pourquoi pas l’hypnose ?

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Amélioration de la performance sportive : pourquoi pas l’hypnose ?

« Préparer l’avenir, ce n’est que fonder le présent. L’avenir, tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre » Antoine de Saint-Exupéry.

Pour se préparer à une épreuve sportive, de plus en plus de sportifs de haut niveau intègrent la préparation mentale dans le cadre de leur préparation globale (physique, physiologique, tactique, technique, nutritionnelle…). La dimension psychologique prend enfin une place grandissante pour préparer l’athlète à mieux intégrer les variables de l’environnement dans sa quête de performance. Un large panel de méthodes de préparation mentale sont à disposition. Parmi elles, l’hypnose apparait comme une technique en plein essor. Au-delà des idées reçues, l’hypnose est reconnue dans le monde médical et créditée de nombreux bénéfices dans le domaine de la santé, mais aussi dans celui de la performance sportive.

Hypnose et performance sportive

Soulignons tout d’abord que l’hypnose n’a aucun lien avec le sommeil. Il s’agit à l’inverse d’un état d’hyper vigilance, d’hyperacuité mentale et physique.
L’hypnose fait référence à un état de conscience modifié. Dans cet état, il est possible d’acquérir de nouvelles capacités et de mobiliser des ressources profondes, pour ne pas dire cachées.  Ainsi, l’hypnose offre la possibilité à tout sportif, en s’affranchissant mentalement d’éventuelles contraintes ou limites, d’avoir accès à son « véritable potentiel » et de l’optimiser en développant différentes ressources psychiques et comportementales facilitatrices de la performance. Plus précisément, les techniques hypnotiques sont essentiellement utilisées dans le domaine sportif pour aider les athlètes à maîtriser leur vécu émotionnel, leur niveau d’anxiété, pour rééquilibrer les exigences liées à leur discipline sur la concentration, pour stimuler l’énergie afin de l’utiliser de façon optimale et inhiber tout facteur psychologique limitant. Elles permettent notamment un relâchement des tensions musculaires afin que les qualités physiques et mentales se retrouvent améliorées au-delà de la conscience du sportif. De nombreuses expériences attestent des bénéfices réels de l’hypnose dans le domaine de l’amélioration de la performance par le contrôle des émotions, des pensées et des perceptions.

Les bénéfices de l’hypnose

L’hypnose permet de :

  • Gérer le stress en faisant diminuer l’impact du stress nuisible (qui parasite l’environnement de la performance) et en créant les conditions pour que le stress utile dynamise l’activité.
  • Mieux contrôler ses émotions et son environnement : un excès de colère, une émotion mal maitrisée ou un surplus d’anxiété peuvent être des facteurs menant à l’échec. Le contrôle, la concentration, la confiance et l’engagement seront autant de points à développer par le biais de l’hypnose. Apprendre à optimiser sa performance, son habileté, c’est apprendre à restreindre son champ de conscience juste le temps adéquat pour focaliser son attention sur les signaux les plus pertinents tout en activant sa vigilance au niveau le plus adapté pour cette performance spécifique (ni trop, ni trop peu).

La performance est optimale pour un certain niveau d’activation émotionnelle, comme le montre la courbe en « U inversé » de Yerkes-Dodson ci-dessous.

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Impact du stress : interprétation de la courbe de Yerkes et Dodson (1908)

  • Gérer la douleur dans les sports où la gestion de la douleur est intrinsèquement liée à la nature de l’épreuve ou de l’activité (exemple de la douleur en marathon comme cause d’abandon). Les études en neuro-imagerie montrent que, selon le contenu des suggestions hypnotiques employées, l’état d’hypnose permet de manipuler de façon différentielle soit le ressenti du caractère désagréable d’une stimulation douloureuse, soit directement l’intensité de la douleur ressentie (Rainville et al., 1997 ; Rainville et al., 1999). L’action de l’hypnose est également bénéfique dans le cas de douleurs périodiques inhérentes à l’activité (par exemple de fait de supporter certaines charges d’entraînement).  Jensen & Patterson (2014) ont montré que l’hypnose est également associée à des résultats positifs dans la prise en charge des douleurs chroniques.
  • Mettre en parenthèse un problème (public hostile, environnement) et se concentrer sur l’essentiel en réduisant l’impact des stimuli extérieurs pouvant gêner d’une façon ou d’une autre la performance.
  • Développer les processus attentionnels : des travaux récents sont venus appuyer l’hypothèse que l’état d’hypnose permet la modulation des systèmes attentionnels afin de permettre de filtrer hors de l’expérience consciente des représentations d’ordre conceptuelles, sensorielles ou motrices. Ces travaux montrent que l’hypnose s’accompagne de l’activation du gyrus inférieur frontal droit, une structure importante pour la sélection d’informations pertinentes lors de l’exécution d’une tâche.
  • Aider efficacement à la correction ou à la mémorisation d’un geste technique : En séance d’hypnose avec un athlète, le thérapeute pourra diversifier ses structures de travail en fonction des objectifs et des échéances du sujet. L’imagerie mentale est très efficace pour construire une image idéalisée de soi en faisant intervenir tous les sens. La technique de visualisation porte sur tous nos sens. Elle est une « perception intérieure » globale et  tire sa puissance du fait que le cerveau ne fait pas de différence entre le vécu et l’imaginaire. 
  • Optimiser le schéma corporel en permettant à l’athlète d’augmenter la perception sensorielle ainsi que le contrôle musculaire, en développant notamment la perception des sensations extéroceptives (lumière, température extérieure, etc.), intéroceptives (battements du cœur, respiration, contact des pieds sur le sol, etc.) et proprioceptives.
  • Augmenter les possibilités de concentration, de visualisation et de mémorisation.  Le manque de concentration, le contrôle du dialogue intérieur et la concentration de l’athlète font partie des demandes les plus régulières pour la part des entraîneurs et des sportifs.
  • Gérer une période où le sportif est blessé : Accélérer les processus de cicatrisation (par exemple visualiser les fibres qui cicatrisent). L’hypnose peut également servir à débloquer les limites psychologiques pour en faire ressortir de réelles capacités physiques. Ceci peut notamment être le cas dans la période suivant une blessure quand un sportif ressent un manque de confiance ainsi qu’une peur à effectuer certains mouvements par crainte de se blesser à nouveau (kinésiophobie).
  • Améliorer la récupération après l’effort : une séance d’hypnose permet d’optimiser la récupération, aussi bien psychologique que biologique.

Le détail de l’ensemble des techniques hypnotiques utilisées, comme « la suggestion » ou « l’ancrage », ne seront pas abordées dans cet article.

La notion d’hypnotisabilité

La relation hypnotiseur/hypnotisé s’avère particulièrement importante, elle déterminera en effet la réponse hypnotique du sportif. De plus, il faut savoir que les personnes n’ont pas la même capacité à être hypnotisées, elles ne possèdent pas le même degré d’hypnotisabilité. Déterminées par différents tests, l’hypnotisabilité est la disposition individuelle d’adopter l’effet hypnotique, de tomber dans un état de transe hypnotique sous l’influence de la suggestion externe et/ou auto-suggestion. Il en est de même pour la suggestibilité, degré de sensibilité à la suggestion. Les bénéfices de l’hypnose seront donc également corrélés à la plus ou moins grande sensibilité hypnotique du sujet. Il est alors primordial de s’adresser à un professionnel qualifié en hypnose pour bénéficier d’un suivi de qualité.

Conclusion

Dans le domaine du sport et de l’accès à la performance, l’hypnose vise donc essentiellement à optimiser les différentes ressources psychiques et comportementales du sportif.  Elle se présente comme un outil utilisé dans le cadre de la préparation mentale. Comme toujours, la mobilisation de ces outils ne s’improvise pas et doit être réalisée par des personnes réellement qualifiées. Ici plus qu’ailleurs, il faut se méfier des apprentis sorciers qui se présentent comme des professionnels d’une discipline en construction. Nous vous invitons donc à vous rapprocher de la Société Française de Psychologie du Sport (SFPS).  Il s’agit d’une société savante affiliée à la Société Française de Psychologie (SFP). Elle regroupe des praticiens, enseignants et chercheurs en psychologie spécialisés dans le domaine des activités sportives ou corporelles. Elle garantit la fiabilité des différents intervenants qui y sont affiliés.

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